Ce rapport a été réalisé sur commande de l'ACFC
Annexe 1 : Échantillon du modèle de formulaire de demande de carte de crédit
L'agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) et MasterCard Worldwide (MasterCard) ont mis au point des documents en langage simplifié pour améliorer l'information relative aux cartes de crédit auprès des consommateurs (« Projet langage simplifié »). L'ACFC a mandaté Créatec + pour réaliser cette étude de façon à mieux comprendre dans quelle mesure les consommateurs ayant des compétences moyennes d'alphabétisation (i.e. ceux de niveau 3 sur l'échelle à 5 niveaux de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA)1 comprennent ces documents préliminaires.
Le but de cette étude était de recueillir, directement des consommateurs ayant un niveau moyen d'alphabétisation financière, leurs réactions au formulaire proposé de demande en langage clair, pour contribuer au développement du document final.
Dans l'ensemble, l'évaluation du document devait se faire en fonction de quatre critères clés :
Entre les 22 et 30 avril 2008, huit discussions de groupe d'une durée de deux heures ont eu lieu dans quatre centres urbains du Canada. Deux discussions ont eu lieu dans chacune des quatre villes, soit Montreal (français), Toronto, Vancouver et Halifax (anglais). Les 52 participants ont été recrutés par Créatec en fonction de : (1) revenu familial de moins de 60 000$, (2) scolarité de niveau secondaire, pouvant avoir partiellement mais pas entièrement complété le CÉGEP et aucune scolarité universitaire (ces deux critères sont fortement corrélés avec un niveau moyen de littératie financière) , (3) un compte bancaire et une carte de crédit (ou de magasin), et (4) les exclusions habituelles relatives au type d'emploi.
Cette recherche qualitative peut aider à fournir une compréhension des motifs qui sous-tendaient les pensées et réactions des participants au matériel testé. En soi, les résultats ne sont pas statistiquement représentatifs et peuvent ou non être représentatifs du groupe cible dans son ensemble. Il appartient au jugement du lecteur d'évaluer le bien-fondé des recommandations générées par une telle recherche.
Tant les commentaires et les réactions des participants que nos propres observations au cours des groupes concordent à dire que la majorité des participants de tous les groupes respectaient le critère de littératie (niveau 3).
Tôt dans les discussions, avant de voir le matériel, la plupart des participants ont admis ne pas lire les conditions générales quand ils remplissaient une demande de carte de crédit. Certains ont dit se fier sur l'aide d'un « conseiller financier » ou d'un employé de la banque, soit en personne ou par téléphone.
Globalement, de façon constante dans les huit groupes, les réactions ont été positives, dans les deux langues et dans toutes les régions. Les réactions très favorables reposaient principalement sur les dix raisons suivantes :
La plupart des réactions négatives ont porté sur le besoin de rendre plus compréhensible et claire l'information relative au NAS, aux taux d'intérêts et aux préoccupations relatives à la confidentialité. Les participants avaient tendance à remettre en question les politiques existantes, le contenu, plutôt que leur présentation.
La plupart des participants de tous les groupes ont perçu positivement l'espacement sur le formulaire de demande car il offrait beaucoup de place pour écrire. La disposition et la taille de police facilitaient la lecture et la marge de gauche leur indiquait où trouver de l'information additionnelle. Les participants accordaient aussi de la valeur au numéro de téléphone et à l'adresse de site Web, faciles à trouver au bas de la deuxième page.
En général, les participants avaient de la difficulté soit à remarquer que le NAS était optionnel, soit à le comprendre et/ou à le croire. Aussi, on a observé une certaine confusion quant aux différences entre les deux cartes et aux options additionnelles. La plupart étaient préoccupés par la confidentialité et par le fait que « n'importe qui » (qui?) pourrait être contacté pour « d'autres » informations (quoi?). Dans l'ensemble, les participants ont suggéré les sept améliorations suivantes :
Dans les huit groupes, les réactions à l'annexe proposée ont été très positives. Ces réactions positives ont été observées tant au cours de la discussion sur l'annexe elle-même qu'au moment de la comparer avec le document existant. Bien que tous les participants possédaient des cartes de crédit, la plupart ont lu l'ensemble des conditions générales pour la première fois lors des groupes de discussion.
Les préoccupations les plus importantes concernaient la déclaration de confidentialité. De façon générale, les participants n'aimaient pas le principe du partage de leur information personnelle avec les filiales, agents et fournisseurs de service de la banque, et se demandaient quelles étaient ces entités et ce qu'elles seraient autorisées à faire de cette information. Les participants ont aussi mentionné qu'ils préféraient demander d'être inclus plutôt que de devoir demander d'être exclus des activités de marketing et de promotion. Ils ont aussi trouvé que le paragraphe décrivant ce point manquait de clarté. Dans l'ensemble, les participants ont dit qu'ils souhaitaient voir de l'information ajoutée à l'annexe concernant les sept aspects suivants :
Pour la plupart des participants de toutes les villes, l'exemple de formulaire existant n'était pas, à leur avis, accessible car : (1) la police de caractère était trop petite; (2) le langage utilisé nécessitait un avocat ou un dictionnaire légal; (3) les conditions générales semblaient trop difficiles pour même essayer des les lire.
Globalement, quatre aspects du document actuel ont plu aux participants : (1) le mot « facultatif » entre parenthèses à côté de NAS; (2) le petit tableau de la deuxième page présentant le taux d'intérêt pour différents soldes; (3) le titre « Frais de service » leur était plus familier que « Autres frais » (comme sur le document proposé); (4) la liste des frais de service, facile à lire, se trouvait sur une seule et même page et incluait les frais de guichet automatique.
Les résultats de cette étude démontrent que le document proposé de six pages atteint en grande partie chacun des objectifs suivants, avec succès.
Il semble que l'objectif global de rendre le formulaire de demande et l'annexe proposés beaucoup plus accessibles au groupe cible ait été en très grande partie atteint.
En fait, le document simplifié a rendu accessible à plusieurs participants de l'information financière qu'ils considéraient comme nouvelle. Il semble que cela ait eu pour effet de stimuler leur appétit pour encore plus d'information. Les participants se sont dits prêts, et dans certains cas même désireux, de rechercher plus d'information. Par exemple, les participants souhaitaient comprendre pourquoi on leur chargeait certains frais, pourquoi la banque avait certaines politiques et ce que ces politiques signifiaient en termes de leur droits à la vie privée, et sur les activités de marketing et de promotion de la banque.
En somme, une fois réglées les préoccupations au sujet de la disposition et du langage et une fois quelques ajustements apportés à la numératie, le défi suivant semblerait être de s'attaquer à améliorer l'équilibre informationnel — quoi inclure dans le formulaire, et quoi inclure de façon annexe, soit sur un site Web ou sur format papier séparé.
Les Études de Marché Créatec+
206, avenue des Pins Est – Montréal (Québec) H2W 1P1
Tél. : 514-844-1127
Télécopieur : 514-288-3194
Courriel : info@createc.ca
Numéro de contrat TPSGC : 5R000-070106/001/CY
Date d'octroi : 20 mars 2008
Pour plus d'information sur cette étude, veuillez communiquer par courriel à l'adresse suivante : info@fcac-acfc.gc.ca
1. L'EIACA, parue le 30 novembre 2005, a testé les compétences de littératie des Canadiens sur une échelle en 5 points (1=les moins compétents, 5=très compétents), le niveau 3 étant le niveau minimum de compétences pour faire face aux défis d'aujourd'hui. L'étude a démontré que plus de la moitié (55%) des Canadiens n'ont pas les compétences suffisantes de numératie pour bien fonctionner dans la société d'aujourd'hui, comme d'ordonnancer des nombres, d'écrire des nombres en lettres et en chiffres, additionner, soustraire, multiplier et diviser des nombres entiers, vérifier des nombres et résoudre des problèmes simples.
Ce rapport a été réalisé sur commande de l'ACFC